BJ interview Rolling Stone

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BJ interview Rolling Stone

Messagepar OliDayyy » 27 Fév 2013 00:50

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Interview exclusive pour Rolling Stone, scans à venir (+ traduc)
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Re: BJ interview Rolling Stone

Messagepar Tony Army » 27 Fév 2013 00:51

La photo est classe.
Hâte de lire l'interview !

ÉDIT : Meilleure image

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✘✘✘
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Re: BJ interview Rolling Stone

Messagepar ThibautDookie » 27 Fév 2013 17:33

Ses tatouages putin ils sont vraiment classes !
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Re: BJ interview Rolling Stone

Messagepar Treys » 27 Fév 2013 17:37

ThibautDookie a écrit:Ses tatouages putin ils sont vraiment classes !


J'aime bien son bras droit (sauf le lapin :lol: ) mais pas du tout le bras gauche, on dirait que c'est dessiné et colorié par des enfants ^^...
Après, chacun son style de tattoos, mais perso je suis plus branché sur les tattoos noirs et gris, avec beaucoup de détails, et à la limite une petite touche de couleur genre rouge, plutôt que les tattoos très colorés old school et peu détaillés...
Wish in one hand and shit in the other, and see wich one get filled first
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Re: BJ interview Rolling Stone

Messagepar OliDayyy » 01 Mar 2013 02:25

Traduc':

Dans le studio de Green Day à Oakland « Je n’ai plus envie d’être le genre de mec qui parle d’addiction. La dernière chose que je veux, c’est bien la pitié des gens. Je ne veux pas un festival de pitié. » Billie Joe en est à sa deuxième journée de discussion intense sur les six derniers mois de sa vie : son violent pétage de plomb pendant le concert de Green Day au I Heart Radio Music Festival à Las Vegas en septembre dernier, son chemin vers la cure pour lutter contre l’alcoolisme et l’addiction aux médicaments, une tournée annulée et l’effet désastreux que ces événements ont eu sur les ventes des 3 nouveaux albums du groupe, et les répercussions sur ces amis de longue date Mike Dirnt et Tré Cool.
« Je n’ai pas réexaminé tout ça. », admet Billie Joe, en prenant un morceau de son muffin en guise de repas. Il y a fréquemment des pauses durant la conversation, durant lesquelles il réfléchit, comme si il sentait encore ce qu’il s’est passé. Il y a aussi une impatience dans sa voix, plutôt de bonne augure, quand il réfléchit à son calvaire, à l’impact que ça a eu sur sa femme Adrienne et leurs fils Joseph et Jakob, et sur son futur proche. Green Day sont de retour sur les routes en mars, pour des concerts en Amérique du Nord, et cet été en Europe.
« Après notre première interview, je me suis dit qu’on avait trop parlé d’addiction. Je suis plus fort que ce truc. C’était un incident. C’est arrivé. Le reste, c’est de l’histoire ancienne. J’ai beaucoup d’autres trucs plus importants à faire. Je dois prendre soin de ma famille. J’ai mon groupe. Je suis un peu un créateur fou. Je le serai toujours. Et c’est ce qui va recouvrir mes problèmes d’addiction. »
Avec son chapeau, son slim noir et son eyeliner, Billie Joe, qui a eu 41 ans le 17 février dernier, a toujours les allures d’un gamin punk rock qui est derrière les plus grands albums de Green Day (Dookie et American Idiot). Mais le Billie Joe qu’on a pu voir à Las Vegas le 21 septembre dernier, était dans un état désastreux : la faute au mélange de pilules pour lutter contre l’anxiété et l’insomnie, en plus d’une longue histoire avec l’alcoolisme.
Avant d’entrer sur scène à Las Vegas, Mike se souvient : « Je l’ai pris à part et lui ai dit « Mec, il faut que tu te calmes. » Et dès le moment où je suis monté sur scène, je me suis dit que ça ne s’annonçait pas bien. On est réputés pour être un bon groupe en live. Là, il n’arrivait même pas à jouer de la guitare. » Au lieu de ça, Billie Joe a cassé son instrument, après s’être emporté contre le festival. Le 24 septembre, il commença son programme de cure.
« Ca a commencé pendant 21st Century Breakdown. Sur cette tournée il y a eu pas mal de pétages de plomb. » Lors d’un concert au Péru, pendant un discours contre la nouvelle technologie, Billie Joe avait crié « J’ai hâte que Steve Jobs crève de son cancer ». Steve Jobs mourut un an plus tard. « C’était vraiment con de ma part. Ca commençait à partir en vrille. »
Pendant sa cure, Billie Joe eu seulement un « semicontact » comme il le dit, avec Mike et Tré. « Je lui ai écrit à lui et Adrienne quelques lettres pour lui dire ce que je ressentais, combien j’étais inquiet et fier de lui », explique Mike. Comme Billie Joe l’explique dans l’interview, les deux amis se sont croisés par hasard un jour à Oakland. « Billie Joe s’est excusé auprès de moi, du fond de son cœur. On était deux amis assis sur le banc d’un parc. J’espère me retrouver sur ce même banc quand je serai vieux, en train de nourrir les oiseaux et en discutant. »
Billie Joe évoque sa guérison à travers des méditations, des rencontres et des réflexions sur la notion de limite. « On va faire cette tournée, en prenant soin de faire tout ce qu’on peut pour que tout le monde se sente en bonne santé, en sécurité et heureux. On verra après ». Il a commencé à composer de nouveaux morceaux et mentionne deux événements importants en 2014 : le 10e anniversaire d’American Idiot et le 20e de Dookie. « Il ne faut pas oublier ça ! »
À la fin de notre deuxième session, je demande à Billie Joe s’il tient à s’excuser auprès d’autres personnes: les fans de Green Day, qui ont vu son pétage de plomb. « Je les ai laissés tomber. Le truc à Vegas, certains aiment, d’autres détestent. Je sais que je ne revivrai pas un truc comme ça. C’est une part de moi que je ne veux plus que mes fans voient. J’ai envie de faire de bons concerts. Je veux qu’on puisse compter sur moi. Et c’est ce qu’on va faire. »

Quand on s’est vus en juin dernier pendant vos sessions de mixage, tu me paraissais normal, tu semblais content et plein d’énergie. Qu’en était-il vraiment ?
J’étais plutôt heureux, pour être honnête. On s’est vraiment éclaté à faire cet album. C’était un gros projet, amusant, avec un bon esprit. Puis après avoir mixé les albums, ma tante est décédée. J’ai dû rentrer chez moi. J’ai aidé mon cousin à financer l’enterrement. Ma tante, qui était la sœur de ma mère, avait une grande présence au sein de ma famille. Ça m’a beaucoup affecté. À partir de là, je me suis senti submergé. On faisait de la promo tous les jours. Puis il y a eu la tournée. On préparait aussi la tournée d’après, et encore une autre. J’étais débordé et fatigué. Je me suis dit « Mon Dieu, je me sens déjà comme ça alors que le premier album n’est pas encore sorti. »

Qu’est-ce que tu prenais comme médicaments?
Je n’ai pas envie de le dire. C’était pour lutter contre l’anxiété et pour dormir. J’ai commencé à les mélanger pour en arriver au point où je ne savais plus ce que je prenais le soir. Ca devenait une routine. Mon sac ressemblait à un hochet géant avec toutes ces boites.

Et à quel niveau buvais-tu ?
Certaines personnes peuvent sortir, boire quelques verres et voilà. Moi je ne pouvais jamais savoir comment j’allais finir à la fin de la soirée. Je pouvais me réveiller dans une maison étrange, affalé sur un canapé, sans savoir comment j’étais arrivé là. C’était le trou noir total. J’essaie d’être sobre depuis 1997, juste avant Nimrod. Mais je ne voulais pas faire de cure. Parfois, en étant alcoolique, tu penses que tu peux contrôler le monde. Mais là c’était la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Je n’avais plus le choix.

L’alcool a toujours été présent chez Green Day, on visualise bien trois mecs en train de faire de bons albums de punk en buvant quelques bières.
Ou fumer. On était de gros fumeurs, d’où le nom Green Day. On a toujours bu. Nos groupes préférés buvaient. On fréquentait le Gilman Street où il était interdit de boire, donc on se cachait derrières des buissons pour boire, avant d’avoir l’âge légal de consommer dans les bars. J’ai aussi beaucoup joué en étant bourré. Peu importe où on allait, je prenais toujours des bières (de 2 à 6) et quelques shots, avant de monter sur scène. Puis on allait jouer, et boire jusqu’à la fin de la soirée dans le bus. Je m’endormais, me réveillais le lendemain, en me sentant mal, puis j’allais au sound check…. Et c’était ça tous les jours. Vu comme ça, j’avais le mode de vie d’un alcoolique.

Est-ce qu’il y avait des signes précurseurs avant Las Vegas ?
C’est marrant parce qu’il y a eu un incident en Angleterre. On jouait quelques concerts en Europe. À ce moment-là je prenais quelques médicaments pour m’aider à dormir. On était allés au Japon, en Angleterre, bref on allait un peu partout. Un soir, j’ai passé un coup de fil à un ami qui était dans la chambre d’à côté à l’hôtel. Je lui ai dit de passer pour qu’on boive un café. Il était 7h du mat’. Je lui ai dit que j’avais pris tous ces cachets mais que je n’arrivais pas à trouver le sommeil. C’était une conversation normale, comme celle qu’on a là. Après ça, je reçois un sms de mon manager qui me dit de passer le voir pour parler du Reading Festival. J’y vais donc, je m’assois. Et il me dit « On prend l’avion, on annule le reste de la tournée et tu vas en cure. » J’ai fait « Quoi ? De quoi tu parles ? Pas question. » On en a parlé plus tard. On avait un petit concert prévu à Londres. Je lui ai dit que je ne voulais pas annuler les concerts, que ça n’était pas possible. Mais que dès qu’on serait de retour chez nous et qu’on en aurait fini avec la promo, quelques jours après le concert de Las Vegas, j’irais en cure. Mais qu’on ne pouvait pas annuler les shows. Et finalement, à une semaine près, j’avais raison.

Une semaine avant l’incident de Las Vegas, j’étais allé vous voir à New York. C’était un bon show, vous avez joué environ 40 chansons pour presque 3h de concert. Tu buvais pas mal et je me suis dit qu’on allait te perdre.
C’était le trac de New York. Avant de monter sur scène je me suis enfilé 4-5 bières et j’ai dû en boire 4 ou 5 autres pendant le concert. Et après j’ai beaucoup bu aussi. J’ai fini avec la gueule de bois sur le West Side Highway, dans un petit parc. Il y a eu beaucoup de concerts où j’ai dépassé les limites. Mais ce concert était particulier parce que c’était le jour des 30 ans de la mort de mon père. Ca me pesait beaucoup. On a fini ce show avec « Wake Me Up When September Ends ». C’était une dure soirée.

Et en tout cas à Las Vegas, tu as complètement perdu le contrôle.
Dès qu’on a atterri à Las Vegas j’étais de mauvaise humeur. Pour tout te dire, c’était en grande partie parce que je me prenais la tête à trouver une setlist. Il fallait que je pense à ce show comme étant une émission de tv et non un concert. Je me demandais comment on allait parvenir à apporter notre état d’esprit en passant après Usher, alors qu’on venait de faire ce show à New York. J’envoyais des messages à Mike pour lui demander ce qu’il pensait de mes idées. Et surtout, je me demandais ce que je foutais là. J’étais vraiment énervé, et j’ai rejoint Jason White dans un coin pour manger et boire du vin. J’essayais de ne pas boire. Mais j’avais déjà pris pas mal de médicaments. Je me suis laissé tenter par le vin. Et au bout d’un moment, d’un claquement de doigt, j’étais parti. Trou noir.
Je me souviens de quelques trucs : arriver à la salle, être en backstage. Je me souviens d’avoir vu le panneau « 15 minutes » clignoter. Puis je suis sorti et j’étais complètement fait pour le reste de la nuit. Le lendemain au réveil, j’ai demandé à Adrienne « C’était vraiment si mal que ça ? », elle a répondu oui. J’ai appelé mon manager. Il m’a dit « Tu prends l’avion, tu rentres à Oakland et tu vas en cure immédiatement. » J’ai donné mon accord.

Combien de temps pensais-tu que vous deviez jouer à ce concert ?
J’ai entendu 15 minutes. Adrienne semblait croire que c’était 30 minutes. On a l’habitude de jouer 2h30 – 3h. J’ai du mal à tout condenser en 15 minutes. J’aurais juste dû jouer quelques chansons et basta. Ma sœur Anna regardait le show sur internet. Elle a appelé ma mère et mon autre sœur qui étaient présentes. Elle demandait ce qui se passait et ma mère a répondu que j’étais bourré.

Est-ce que tu te souviens de ce que tu as fait ou dit sur scène ?
Non. Les gens m’en ont parlé. Ou alors j’ai vu des photos. Et ça me dégoûte. Ce n’est pas vraiment ce que j’ai dit ou fait qui me gêne le plus. C’est surtout que ce n’était pas moi. Je ne suis pas ce genre de personne. Je ne veux pas être comme ça. Je suis le genre de buveur qui a des trous noirs. C’est ce qui s’est passé. Parfois les gens m’en parlent, mais pour moi c’est comme de l’amnésie.

Est-ce que tu penses regarder la vidéo de ce concert pour t’aider dans ta cure ?
Non. Je n’irai pas jusque là. C’était la dernière fois que j’étais bourré. Le côté positif que ça ait été filmé, donc dès que j’ai envie de boire, j’y pense.

Avec le statut de célébrité, on dit souvent que ça donne le droit de dire « non » à certaines choses. Pourquoi est-ce que tu n’as pas refusé de faire ce concert quand on vous l’a proposé ?
Si j’avais été censé je l’aurais peut être fait. La folie survient juste avant l’alcool. Quand on nous met notre planning sur une feuille, on ne se rend pas bien compte, on se dit juste que ce sont des trucs qu’on va faire comme ça. Et quand tu arrives à l’endroit où tu dois aller, là tu te sens gêné. Peut-être que j’aurais bien aimé ce show si j’avais été sobre. Mais j’en doute. Mais c’était important que le rock soit représenté. Il y a bien des gens qui ont besoin de cette musique et tout ce qui va avec. Si un mec achète un album de Green Day, il y a de grandes chances pour qu’il aille ensuite acheter un cd des Ramones. C’est bien de changer un peu au milieu de la musique pop. On a bien joué des chansons qu’on a regrettées après. Mais ça fait partie de notre ambition. On a quand même fait un spectacle à Broadway, et on n’aurait jamais pensé faire ça. Peut être que j’ai pensé que ce show à Las Vegas… Je ne sais même pas en fait . C’est un show pop pour la radio qui s’est mal fini.

Les conséquences (dont l’annulation et le report de concerts) se sont aussi faites ressentir sur la vente des albums. Le groupe n’était plus là pour la promotion.
C’était assez étrange. Je ne m’imaginais pas être en cure le jour de la sortie de Uno. Mais je ne pense pas que ces albums soient des échecs. Ce qui est le plus important pour moi, c’est mon esprit rock’n’roll. Ca prime sur les ventes. Quand j’écoute 99 Revolutions, je me dis que c’est un des meilleurs trucs que j’ai écrits. Je me souviens quand tout le monde disait que « Give ‘Em Enough Rope » était l’album de trop des Clash. Non mais sérieux ! On est aussi passé par là. Après Dookie, quand on a sorti Insomniac, tout le monde disait qu’on était finis. La vie est faite de hauts et de bas. Mais on adore faire des albums. Et je continuerai à le faire.

Est-ce que tes fils achètent des albums ? Ou alors ils préfèrent télécharger ?
Sur Itunes oui. Mais j’ai vécu un grand moment avec mon plus jeune fils. Un jour, j’installais une nouvelle platine. J’ai retiré l’ancienne et je lui ai demandé « Hey Jakob, tu voudrais pas d’une platine ? » Il m’a dit oui, et comme il adore les Strokes, je lui ai acheté un vinyl des Strokes. Puis dans sa chambre, quand il a mis le vinyl, il a levé le truc pour mettre en route le vynil, il me demande « Où est-ce que je dois le mettre ? Entre les lignes du vinyl ? » (Rires). Il a fait tomber la tête de lecture et la chanson a commencé… C’était cool. Ca a illuminé ma journée.

Décris ta première semaine en cure, chez toi.
Je devais me mettre en retrait. C’était horrible. Je m’allongeais sur le sol de la salle de bain, et voilà…. Je ne réalisais pas à quel point ça m’affectait. Pas que sur le moment. Je me demandais à quand ça remontait. Ca avait l’air de fonctionner. C’était vraiment la merde. La seconde semaine, je me disais « Ce n’est pas fait pour moi. Je ne suis pas convaincu. ». Le plus désolant là-dedans, c’était que je voulais me débarrasser de tous ces narcotiques pour que je puisse boire. C’est ça le truc le plus fou. Tu fais des excuses. Tu relativises. Ca ne veut pas dire que c’est la meilleure chose à faire.

Est-ce que tu parlais à Mike ou Tré pendant que tu étais en cure ? Est-ce que tu savais comment ils se sentaient ?
Il y avait peu de contact. Je crois que Tré avait peur. La vie a pris une tournure assez sérieuse à ce moment là. Mike était énervé. Juste après mon retour de Las Vegas, il m’a tout déballé. En 3-4 phrases. « Tu me fais flipper. Tu es en train de niquer ta vie. Tu niques la vie de tout le monde. Tu as besoin de te faire soigner ». Ce qu’il y a de bien, c’est qu’on se connaît depuis tellement longtemps, que ce genre de trucs ne crée aucune animosité entre nous. Au bout de 3 semaines et demies de cure, je commençais à prendre l’habitude d’aller dans cette boutique de donuts pour prendre un café. Et évidemment, un jour, je croise Mike. On s’est posé et on a eu une grande discussion. Mike et moi sommes amis depuis qu’on a 10 ans. Parfois, Green Day finit toujours par revenir, parce que ça fait partie de nous.

Est-ce que c’était dur pour ta femme et tes enfants d’être chez toi, à te voir en cure ?
J’ai laissé ça de côté pour mes fils. Mes chiens me regardaient en se demandant comment j’allais. Ils sentent ces trucs. J’aurais pu aller dans un centre spécialisé, mais je voulais être entouré de ceux que j’aime. Et ma femme ne boit pas. Elle n’a jamais bu. Elle n’aime pas le goût et l’odeur.

Est-ce qu’elle s’occupait de toi ?
Non, une infirmière venait me voir pour être sûr que je n’aie pas de crises. Mas Adrienne est une femme forte. Elle savait. Je suis sûr que c’était dur pour elle de me voir comme ça. En même temps, je pense qu’elle a dû faire des choix.

Comme ?
Est-ce qu’elle allait m’abandonner ? Je suis sûre que cette idée lui a traversé l’esprit. Que si je n’arrivais pas à devenir sobre, je pourrais tout perdre. J’aurais pu aussi perdre le groupe. Je ne me rendais pas compte à quel point j’étais destructeur. Je pensais que tout le monde était dans le délire. Sauf que le délire, c’était moi.

Les paroles sur les albums de la trilogie ont beaucoup de références aux excès dangereux et à la crise de la quarantaine, comme « Amy », « X Kid »… Est-ce que tu écrivais aussi ces chansons à propos de toi ?
Oui. Le mec dont je parle dans X Kid avait les même vices que moi. Dans Uno, on parle surtout du fait d’être « jeune, libre ». Le 2e album évoque la crise de la quarantaine, dans le sens où j’ai envie de vivre ma vie de façon dangereuse, parce que je ne l’ai pas assez fait. Et le 3e album est la réflexion sur la réalité. Je vis ces trois phases depuis mes 17 ans.

Etais-tu sobre quand tu as écrit « Amy » ?
Je prenais pas mal de médicaments. J’étais sobre, mais mon esprit n’était pas clair. En voyant comment elle a fini, ça m’a donné envie d’écrire cette chanson. Je n’écris pas beaucoup à propos de gens qui sont morts. Je ne l’ai fait que 3 fois : X Kid, Wake Me Up, et Amy. Bizarrement, j’ai eu un rapport assez spécial avec la mort, parce que je l’ai vécue très jeune. Toute ma famille est plus âgée que moi, j’ai pas mal d’amis qui se sont suicidés, qui ont eu des accidents, se sont pendus. La mort a toujours fait partie de ma vie. Ce que je dis paraît très amusant n’est-ce pas ? Mais quand on y pense, j’ai toujours écrit à propos d’addiction. Il y a cette voix en moi qui dit « Je te l’avais dit que ça allait arriver. Tu ne voulais pas prendre ça au sérieux ».

Est-ce que tu peux citer des exemples de chansons qui sont bien plus autobiographiques que ce que les gens pouvaient imaginer ?
« Hitchin A Ride ». « Lazy Bones », cette chanson me donne des frissons rien que d’y penser. « Little Boy Named Train », cette chanson est tellement moi. Ca parle de se sentir perdu. Quand j’étais gamin, j’allais souvent errer pour finir je ne sais où. Ou alors je me perds dans mes pensées.

Tré a dit un jour que tu étais quelqu’un de « talentueux et de tourmenté », et que dans ton cerveau c’est comme si « 18 cassettes tournaient en même temps ». Ce genre d’hyperstimulation montre que tu peux écrire 3 albums d’un coup, rapidement.
Ca veut aussi dire que je peux être un pauvre type lunatique et un gros alcoolo. C’est aussi pour ça que je prenais des médicaments, pour faire arrêter tout ça. Maintenant il faut que je trouve un autre moyen de calmer tout ça.

Est-ce que tu as été diagnostiqué comme étant insomniaque ? Vous avez même appelé un de vos albums comme ça.
Je n’ai jamais été diagnostiqué. Je sais juste que je ne dors pas très bien la nuit. Ca me prend du temps avant de trouver le sommeil. Je pourrais être simplement quelqu’un de nocturne. J’ai mes moments pendant la nuit où je traine, j’écoute de la musique et je regarde la tv. C’est ça qui était dur en ayant des enfants : il faut se mettre à leur rythme, et se forcer à dormir quand ils dorment.

Est-ce qu’il y a des antécédents dans ta famille avec l’alcool ?
Je n’ai pas envie de trop en dire. Je dirais simplement que j’ai grandi dans une maison remplie d’amour et de chaos. Je me souviens en avoir vu. Je savais que c’était présent. Mais au bout d’un moment, j’ai arrêté d’essayer de m’en soucier.

Comment décrirais-tu le mode de vie punk rock que tu avais quand Tré et toi viviez ensemble sur Ashby Avenue à Berkeley ?
On vivait avec un groupe qui s’appellait East Bay Weed Company (rires). Donc on buvait beaucoup de bières et on fumait des joints.

Et combien de temps tu consacrais à écrire et à jouer de la musique ?
Tout le temps. Au moins la moitié de Dookie a été composée ici. Mike vivait dans le coin, donc on se retrouvait deux-trois fois par semaine. On jouait souvent. Il y avait beaucoup de nihilisme. Des mecs renvoyés, des gens qui se sentaient exclus, ils venaient tous là. Tout ce qui était scarification, des mauvais tatouages, l’alcool, la mesamphétamine… personne ne pensait que c’étaient des addictions. On savait que tout le monde le faisait. Et on le faisait aussi. Si quelqu’un faisait une fête chez lui avec des groupes qui jouaient, on y allait. Si quelqu’un avait du speed, on en prenait. Puis je composais des chansons en rentrant. Ce n’était pas une nécessité. La chanson était déjà là. J’avais juste besoin de courage. La peur a toujours été présente, même pendant la composition d’American Idiot.

De quoi avais-tu peur ?
J’avais cette voix dans ma tête qui me disait « Mais tu te prends pour qui ? Pourquoi as-tu écrit une chanson comme « Holiday » alors que tu as quitté l’école ? » Le mec issu de la classe ouvrière qui est en moi est juste ressorti. Parfois les gens qui parlent le plus viennent de milieux aisés. Et les plus timides sont souvent ceux qui viennent de la classe ouvrière, des gens qui sont fauchés. Il y a cette peur de perdre tout ce que tu as. Je viens de là moi.

En fait, American Idiot est l’album le plus franc que vous ayez jamais fait.
C’était une autre peur. Si à 31 ans je ne disais pas tout ça, quand est-ce que j’allais le dire? Je devais le faire. Si je sers à quelque chose, je me dois de le dire.

Dookie est sortie l’année où Kurt Cobain est mort, où eddie Vedder de Pearl Jam luttait publiquement avec la célébrité, et Scott Weiland de Stone Temple Pilots combattait l’addiction. Comment as-tu fait toi pour surmonter ce succès ?
On vient d’un milieu punk rock, et le terme « rock star » était un mot terrible. C’était une période difficile. Plus tard, je me suis demandé si j’ai apprécié ça, voire même si j’avais été là bas un jour. J’ai adoré voir notre public s’agrandir, l’excitation des gens qui chantent les chansons. Mais on nous a détesté, bien plus que tous les groupes de la Bay de l’époque réunis. J’en suis persuadé. Venant des groupes de Gilman Street et de Maximum Rock N Roll, qui avaient une mentalité socialiste, ce qu’on a fait était pour eu un blasphème : on était devenus des rock stars.

Quand as-tu commencé à être à l’aise avec la célébrité ?
Pendant la période Insomniac, j’avais peur de me déplacer sur scène. Je me disais que si je m’avançais vers une partie du public, et pas l’autre, j’allais passer pour un connard. C’était dans ma tête. Puis pendant Nimrod, j’ai commencé à boire. Et je me suis dit « Allez merde, je le fais », et j’ai commencé à lever les bras en l’air, à faire applaudir les gens. Je me suis rendu compte que c’est ce que voulaient les gens. Ils veulent passer du bon temps et ce n’est pas mal de prendre les devants. Tout ça a mené à American Idiot. Ca m’a pris jusqu’à mes 32 ans pour prendre confiance en moi et oser parler.

Ca ne te semble pas ironique maintenant que ce soit l’alcool qui t’aies aidé ?
Oui. Je ne me souviens plus de la salle, mais un soir, on a joué à Austin au Texas. Il y avait 2000 places. J’avais le trac. Et c’est à partir de ce moment que j’ai commencé à boire avant les concerts. J’ai d’abord pris deux bières. Et après c’était plus. Du courage en liquide, ça m’a permis de me lâcher un peu et de ne pas prendre ça trop au sérieux.

En tant que gamin à l’état d’esprit punk rock, que pensais-tu des rock-stars comme Jimi Hendrix, Janis Joplin et Jim Morrison ? Est-ce que tu comprenais leurs excès, ou est-ce que tu penses que c’étaient des faiblesses ?
J’adorais les Doors. Je pense que Jim Morrisson est la vraie première rock star. Il y a aussi des gens comme Little Richard qui avait ce côté flamboyant aussi. Mais Morrison a apporté une autre dimension, en étant un poète, il était élégamment perdu. Il essayait d’atteindre un nouveau niveau d’état de conscience en se torchant. C’était le Bukowski de la musique. Mais c’est assez dangereux. Quand j’écoute les Doors, ça me donne envie de me bourrer la gueule. Surtout sur une chanson comme « Roadhouse Blues » avec « I woke up this morning, got myself a beer ». C’est le gros « je vous emmerde » à la société, contre les conventions. Et tu le fais à travers l’alcoolisme. Il y a des moments où je vivais ces mots, et j’ai failli mourir avec eux.

Est-ce que tu as écrit de nouvelles chansons ?
Je compose des riffs de guitare. Des mélodies me viennent en tête, et je les mets direct dans mon Iphone, avant de méditer un peu dessus. Voyons voir… (il fait écouter un riff de guitare enregistré sur son Iphone). Des trucs comme ça. J’écris constamment des paroles.

Est-ce que tu sens déjà une différence dans ton écriture avec ce qui t’ait arrivé récemment ? Est-ce que tu prépares un album sur ton expérience en cure ?
C’est trop tôt. Je sens que je vais attendre un peu pour celui ci. Je n’ai pas envie de me précipiter et me sentir envahi par tout ça. Je ne peux faire qu’une chanson à la fois. J’ai juste envie d’écrire de bonnes chansons que les gens aiment, en utilisant moins de son de bonne qualité. J’aime quand ça grésille dans les albums. J’aimerais faire des trucs 100% live avec Green Day. Parfois je regrette qu’on n’ait pas enregistré nos derniers albums de cette façon, pour avoir la même ambiance que Exile On Main Street. Je n’arrive pas à faire les choses à moitié. Je vérifie toujours que tout sonne bien, que la chanson est bien entièrement terminée. Je pense aux premiers albums des Ramones et au premier disque des Clash, où ces chansons sont toutes bien ficelées, bien jouées. On peut presque les entendre enregistrer dans leur salle de répét. Et quand tu passes à Sandanista tu vois le changement, on sait que ça a été enregistré en studio.

En vérité, le premier album des Clash a été produit par leur ingénieur du son de concert.
Oui ! C’est un album fantastique. Tout en évoluant, je tiens à ce qu’on sonne toujours comme une unité.

Alors, tu arrives à te projeter dans Green Day à 50 ans.
Ouais

À 60 ans ?
Oh ouais. Continues !

Les Rolling Stones sont un bon exemple à ce jour.
Ce qui est bien avec les Stones, c’est qu’ils sont devenues de vieux bluesmen. J’ai regardé leur concert du 12/12/12, ils ont épaté tout le monde. Ils sont une grande source d’inspiration. Et en voyant tous les cheveux blancs qu’a Keith Richards maintenant… (rires)

Tu seras bientôt de retour en tournée. Est-ce que vous avez établi entre vous des nouvelles règles, comme « pas d’alcool en coulisses » pour t’aider à rester sobre ?
Il faut toujours qu’on en parle. Tout le monde sait que ça arrive, c’est ce qui va me permettre de tenir le coup, et où tout le monde est content. Parfois, je ne suis pas sûr d’être prêt. Il y a toujours cette obsession pour l’alcool. Il y a aussi des nuits d’insomnie. Mais il faut que je travaille dessus chaque jour. Parce que je sais comment ça se passe en tournée. J’organise une fête immense pour les gens. Et au moins 70% des gens dans la salle ont bu un verre. Il va falloir que je fasse attention.

La prochaine fois que tu voudras boire un verre, qu’est-ce que tu vas prendre à la place ?
J’irai probablement dehors, appellerai un taxi, retournerai à ma chambre d’hôtel et prendrai un soda. Ou une root beer. J’adore les root beers.
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Re: BJ interview Rolling Stone

Messagepar diverman » 01 Mar 2013 03:49

Super interview ! Merci pour la traduction, elle est niquel ! :D
Chanteur/Guitariste de Captain Jimmy (punk/rock), venez écouter ! http://www.facebook.com/CaptainJimmyofficiel?sk=app_131686150237656
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Re: BJ interview Rolling Stone

Messagepar infamous » 01 Mar 2013 06:10

Et c'est ainsi que s’achève ce numéro de Confessions Intimes, Merci et a la semaine prochaine :D

Nan plus sérieusement, c'est vrai que c'est une super interview je n’imaginais pas les choses comme ça, le passage ou il demande a Adrienne a quel point c'était grave m'a beaucoup fais rire, après ça me fait flipper quand il raconte sa jeunesse je me dit que je suis foutu :lol:

Merci Oli pour la traduc
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Re: BJ interview Rolling Stone

Messagepar Treys » 01 Mar 2013 12:35

Très intéressant l'interview, on apprend vraiment pleins de choses :) C'est bizarre, c'est rassurant et ça fait peur à la fois: d'un côté il dit que ça va mieux, qu'il va se prendre en main, et qu'il se voit encore avec GD à 60 ans, et de l'autre, il dit qu'il peut encore péter les plombs à tout moment et qu'il n'est pas sûr d'être prêt...
Par contre, je crois qu'il a fait une erreur: quand il dit qu'il n'a fait que 3 musiques sur des personnes décédées, il ne compte pas JAR...

En tout cas, merci Oli
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Re: BJ interview Rolling Stone

Messagepar Fantomette » 01 Mar 2013 12:45

Merci Oli pour la traduction.

J'ai du mal à croire que 3/4 mois de cure puisse venir à bout de 20 ans d'excès en tout genre, il a quand même l'air perdu au milieu du "star system" et ses travers... (après, c'est la première interview que je lis de lui donc je peux me tromper)
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Re: BJ interview Rolling Stone

Messagepar Tony Army » 01 Mar 2013 13:17

Treys a écrit:Par contre, je crois qu'il a fait une erreur: quand il dit qu'il n'a fait que 3 musiques sur des personnes décédées, il ne compte pas JAR...


Il me semble que c'est Mike qui a écrit JAR. Donc c'est normal qu'il ne la compte pas.
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Re: BJ interview Rolling Stone

Messagepar Treys » 01 Mar 2013 13:18

Tony Army a écrit:
Treys a écrit:Par contre, je crois qu'il a fait une erreur: quand il dit qu'il n'a fait que 3 musiques sur des personnes décédées, il ne compte pas JAR...


Il me semble que c'est Mike qui a écrit JAR. Donc c'est normal qu'il ne la compte pas.


Juste, bien vu :wink:
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Re: BJ interview Rolling Stone

Messagepar infamous » 01 Mar 2013 16:16

En fait a première vu on dirait pas, ce mec a vachement de problèmes, bon il est riche OK mais ses problème d'insomnie ça doit venir d'un truc dans son passé. Perso je trouve cette Interview très intéressante car j'ai apprit beaucoup de chose sur la vie de BJ et je ne l'imaginais pas comme ça, je pensais que c'était un mec cool qui fumer des joints et buvait de la bière naturellement sans soucis, détendue quoi, j'aurais pas imaginer tous c'est soucis avec les mélange médoc-alcool, insomnie.

et sinon le point positif de cette réhab, c'est qu'ils ont pu s'en servir comme excuse pour expliquer les ventes catastrophiques de la trilogie
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Re: BJ interview Rolling Stone

Messagepar Guillaume.1995 » 01 Mar 2013 17:24

Woaow quelle interview. Ça montre que ce type est un humain, c'est déjà rassurant, et de toute façon oui il la fallait clairement cette réhab, surtout pour sa famille. C'est là que ça doit être le plus dur, rock star ou pas, d'être dépendant et d'avoir une femme et des enfants.

Après pour tout ce dont il parle côté musique, il est plutôt inquiétant, y'a de quoi se poser de grosses questions sur les paroles des chansons du groupe. On sait tous plus ou moins ici que ça a toujours été le truc du groupe de faire un décalage important entre la musique et les paroles qui sont souvent graves, mais à ce point là...

infamous a écrit:et sinon le point positif de cette réhab, c'est qu'ils ont pu s'en servir comme excuse pour expliquer les ventes catastrophiques de la trilogie


Tu les trouves catastrophiques toi? Moi je ne les trouve pas si mauvaises même s'ils ont fait mieux. La promo de toute façon elle était présente que sur le net, bien cachée, enfin comme 90% des groupes de rock/métal "connus". Ça ne pouvait pas faire beaucoup de bruit, aujourd'hui faut faire le buzz pour vendre un truc, et le buzz du pétage de plombs à Las Vegas n'est pas une bonne pub de nos jours, car un truc comme ça aurait pu aider à vendre l'album il y a une quinzaine d'années sans problème (ben oui, casser les grattes et être rebelle c'était à la mode à l'époque, alors qu'aujourd'hui...). Je trouve ça normal que les 3 derniers albums du groupe ne se soient pas tant vendus, et tant mieux, les bons albums on les aime souvent quelques temps après leur sortie.
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Re: BJ interview Rolling Stone

Messagepar OliDayyy » 01 Mar 2013 19:42

Au tour de Mike mnt:

Est-ce que tu avais vu des signes avant l’incicent de Las Vegas, comme quoi Billie Joe allait péter les plombs ?
On en devient aveuglés. On se dit « Tout le monde a ses propres problèmes ». On bosse vraiment dur depuis la sortie d’American Idiot. On n’a pas arrêté, avec l’album de The Network, des Foxboro Hot Tubs, la comédie musical American Idiot, les albums live, 21st Century Breakdown. On a composé tellement de trucs, même entre chaque disques, et même d’autres qu’on n’a même pas sortis. Avec du recul, je me dis que c’est beaucoup. N’importe qui craquerait en faisant déjà la moitié de tout ça.
Billie est quelqu’un de passionné. Billie vit de la musique, point. Je l’adore pour ça. J’ai la chance de pouvoir jouer avec mon meilleur ami, et de faire tout ce que je peux pour soutenir ce groupe. Mais il y a des moments où on se dit « Est-ce qu’on a vraiment besoin d’en faire toujours plus quand on a déjà des tonnes de trucs à faire ? »

Comment as-tu vécu la journée à Las Vegas, même avant le concert ?
C’était assez tendu. On a été enfermés dans une pièce pendant 6h. On n’était pas vraiment « enfermés » mais je n’avais pas envie de trainer dans le couloir avec tout le monde. Je me sentais comme un rat en cage. On était dans un endroit assez confiné avec plein de gens, des gens qu’on ne connaissait pas qui allaient et venaient. Quand Billie Joe est arrivé, j’ai vu qu’il n’était pas dans son état normal et je lui ai demandé ce qui se passait. Je gardais un œil sur tout, et ça allait de pire en pire. Avec Billie Joe, on n’a plus 12 ans, on ne joue plus comme des gamins ; mais là, je lui ai dit « Allons se défouler un peu ». On a fini dans notre loge à faire une sorte de catch. Je voulais vraiment qu’il évacue ce qu’il avait sur le cœur, mais avec ce qu’il avait pris comme médicaments et alcool, ça ne pouvait pas finir gaiement.

C’est ce à quoi tu pensais quand tu as vu Billie Joe péter les plombs sur scène ?
Pour moi, la vérité doit être dite, et j’étais plutôt d’accord ce qu’il disait, mis à part ce qu’il a dit sur les gens. Je sais que ça ne ressemblais pas à Billie Joe. Mais sinon pour le reste, j’étais d’accord. Mais en le voyant, je voyais bien qu’il pétait un câble. Et on était en train de faire un concert de merde. Le monde a vu pire. Le monde a déjà ri assez avec nous pour qu’ils puissent en rire maintenant, pour tenter de comprendre le truc. On garde un sens d’humilité.

Billie m’a dit qu’après le show, et avant qu’il aille en cure, tu lui as dit tes quatre vérités, sur son comportement et l’effet que ça avait sur les autres.
C’était déjà pour montrer mon inquiétude vis à vis de lui. Puis j’étais énervé. Puis après j’en suis venu à « Ca m’énerve que tu te fasses du mal. Quoi qu’il arrive, ça ne te ressemble pas et tu es allé trop loin. Tu pars dans ton délire si tu veux, mais ne nous embarque pas dedans. » Parfois en tant qu’ami, c’est ton rôle de secouer quelqu’un à qui tu tiens.
C’est assez ironique que ça se soit passé la semaine où le premier album de la trilogie est sorti.
Personne ne m’a appellé ou félicité le jour de la sortie de Uno. Tout le monde avait peur de nous contacter. Ca m’a un peu fait plonger dans une légère dépression. Heureusement que ma femme était là pour moi, pour m’aider à gérer mes émotions.

Billie m’a dit que toi, lui et Tré vous êtes retrouvé en novembre pour répéter un peu. Qu’avez vous joué ? Est-ce qu’il vous semblait aller mieux ?
La première fois qu’on s’est retrouvés, on a du jouer 6-7 chansons, histoire de se retrouver avec nos instruments dans une même pièce. Ca sonnait bien. Mais…

Vous jouiez sans but précis?
Oui. C’est comme quand tu sors ton barbecue dans ton jardin. Tu vois que ça fait du feu, t’es content, et tu le ranges dans ton garage. On sentait qu’il y avait une inquiétude derrière, une émotion plus profonde qui régnait. On ne savait pas trop quoi faire. Mais on joue tous beaucoup. La semaine dernière, j’ai joué de la basse pendant 4h d’affilée. Et je joue tous les jours pendant au moins 40 minutes sur mon canapé.

Est-ce que tu sens qu’il y a quelque chose de différent chez Billie Joe maintenant ?
Le changement est surtout dans nos vies quotidiennes, surtout pour lui. On a été obligés de tout arrêter, pour calmer un peu les choses et réfléchir à nos vies, pas seulement à tout ce qu’on a accompli. Ecouter le silence. Ecouter nos vies. Etre là au moment présent, et ne plus penser à ce qu’on va faire la semaine suivante et le mois suivant.

Penses-tu que ce qui s’est passé va avoir un effet sur la musique que vous allez faire après, sur les chansons que Billie Joe va écrire ?
Il y a toujours le sens de la réalité avec le groupe. L’état d’esprit festif était présent quand on était plus jeunes. Qui sait ce qui va ressortir de tout ça ? Mais en tout cas ça sera toujours sincère. Quand j’écoute les chansons, j’aime ressentir quelque chose. J’aime les chansons qui me parlent et qui débordent de vérité.

Quand vous serez de retour sur la prochaine tournée, est-ce que vous allez imposer quelques règles, pour que Billie Joe reste sobre tout en continuant de s’amuser ?
C’est évident. On n’a pas besoin de bar en backstage. Et ca me va. C’est surtout pendant les temps mort qu’il faut qu’on change d’habitudes. Aussi, on s’est rendus compte qu’on n’est pas obligé d’accepter toutes les offres qu’on nous propose. On a fait plus de 200 concerts pour American Idiot, 190 pour 21st Century Breakdown. Sans compter les répétitions 5 jours par semaines. En tout cas, pour le meilleur et pour le pire, je soutiendrai toujours mon ami. Je serai là pour lui, et je serai à ses côtés. C’est ce qu’on fera en dehors de la scène aussi.


http://www.rollingstone.com/music/blogs ... z2MJBoTt1s
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Re: BJ interview Rolling Stone

Messagepar Louise J. » 01 Mar 2013 19:54

Ce sera au tour de Tre apres ?
En tout cas super interviews, et merci beaucoup pour les traductions, je suis pas un foudre en anglais... :mrgreen:

(par contre, ca fait un moment que je lis ''root beers'', qu'est-ce que c'est exactement ?)

j'ai bien aimé l'itw de Mike, leur amitie ne m'avais jamais paru aussi forte avant que je lise tout ce qu'il dit.
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